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Addiction
J'ai détruis ma jeunesse
Jujul
11/09/2026
Je m’appelle Junior Menge, quand toute cette histoire a commencé, je n’avais que 17 ans. Aujourd’hui, quand je repense à cette période, je me demande encore comment un jeune aussi jeune a pu se retrouver plongé aussi profondément dans la drogue, les stupéfiants et la violence. À 17 ans, je ne pensais pas à l’avenir. Je voulais simplement être accepté, avoir des amis et faire comme les autres. J’ai commencé à traîner avec des garçons plus âgés. Au début, je regardais seulement. Puis j’ai commencé à consommer. Après, j’ai commencé à transporter et à vendre de la drogue. Je savais que ce n’était pas bien, mais à cet âge-là, je ne mesurais pas vraiment les conséquences. Pour moi, c’était devenu une manière d’exister, de gagner de l’argent et surtout de me sentir appartenir à quelque chose.
Puis un jour, j’ai perdu un camarade de classe. Sa mort m’a profondément marqué. Je ne savais pas comment gérer cette douleur. Au lieu d’en parler, je me suis encore plus enfermé dans la drogue et dans mon entourage. Je pensais que cela allait m’aider à oublier, mais ça ne faisait qu’empirer les choses. Un soir, je me suis retrouvé avec plusieurs jeunes. On discutait, on plaisantait et on jouait aux cartes. Au départ, ce n’était qu’un simple jeu. Puis une dispute a commencé à cause d’une partie. Les paroles sont devenues de plus en plus agressives. Je me suis énervé. Lui aussi. En quelques secondes, une bagarre a commencé.
Je me souviens encore de ce moment. Tout est allé très vite. Je l’ai frappé. Il est tombé. Je pensais que la bagarre allait simplement s’arrêter là. Mais quand je l’ai regardé, j’ai vu qu’il saignait. À cet instant, quelque chose s’est brisé en moi. Je me suis dit : « Qu’est-ce que j’ai fait ? » J’ai compris que ce n’était plus une simple dispute. J’avais blessé quelqu’un et je ne savais même pas dans quel état il était. J’ai eu peur. Une peur immense. Au lieu de rester et d’affronter ce que j’avais fait, j’ai voulu fuir. Je voulais disparaître. Je pensais que si je partais, tout allait peut-être s’effacer. Mais on ne peut pas fuir éternellement les conséquences de ses actes.
J’ai été arrêté. Les jours qui ont suivi ont été parmi les plus difficiles de ma vie. Moi qui étais encore un jeune, je me retrouvais confronté à la justice, séparé de ma vie d’avant et obligé de comprendre la gravité de ce qui s’était passé. J’ai passé des années enfermé, loin de ma famille, loin de mes repères, loin de l’adolescence que j’aurais dû vivre. Huit années de ma vie se sont écoulées. Huit années pendant lesquelles j’ai eu énormément de temps pour réfléchir. Au début, j’étais en colère contre tout le monde. Puis j’ai commencé à comprendre. J’ai compris que quelques secondes de colère pouvaient détruire plusieurs vies. J’ai compris que la drogue ne m’avait pas rendu plus fort. Elle m’avait éloigné de moi-même. J’ai compris que vouloir être accepté par les autres pouvait parfois nous pousser à faire des choses que nous regretterons toute notre vie.
Pendant toutes ces années, je repensais à mon camarade. Je repensais à cette soirée, à cette dispute, à ce jeu de cartes qui avait commencé comme quelque chose de banal et qui avait fini par changer ma vie. Je me demandais souvent ce qui se serait passé si j’avais quitté la table. Si j’avais gardé mon calme. Si j’avais parlé au lieu de frapper. Si quelqu’un avait été là pour m’arrêter avant que tout ne dégénère.
À ma sortie, je n’étais plus le même garçon. J’avais grandi derrière des murs alors que d’autres avaient continué leur vie. J’avais perdu huit années. Huit années que personne ne pouvait me rendre. J’avais des regrets, beaucoup de regrets. Mais j’avais aussi compris quelque chose : mon erreur ne devait pas devenir l’erreur d’un autre jeune.
Aujourd’hui, si je raconte mon histoire, ce n’est pas pour glorifier ce que j’ai fait. Je ne veux pas qu’un jeune regarde mon parcours et pense que la drogue, la violence ou la rue sont une solution. Je veux qu’il comprenne qu’une mauvaise décision peut coûter beaucoup plus cher qu’on ne l’imagine. Parfois, une seule minute suffit pour changer toute une vie.
J’avais 17 ans quand j’ai commencé à perdre le contrôle de ma vie. J’ai perdu un camarade. J’ai blessé quelqu’un. J’ai eu peur. J’ai fui. J’ai été confronté à la justice. J’ai passé huit années à penser à mes erreurs. Et aujourd’hui, je porte encore les conséquences de cette histoire.
Si je pouvais parler au garçon de 17 ans que j’étais, je lui dirais simplement : « Arrête. Éloigne-toi. Parle à quelqu’un. Tu n’as rien à prouver. Tu n’as pas besoin de drogue pour être accepté. Tu n’as pas besoin de violence pour être respecté. »
Parce qu’on peut croire qu’une bagarre ne durera que quelques minutes.
Mais parfois, ses conséquences peuvent durer toute une vie.
Merci d'avoir pris le temps de lire ce témoignage.
Derrière chaque histoire, il y a une personne qui a trouvé le courage de poser ses mots. Si ce récit vous a touché·e, sachez que vous n'êtes pas seul·e.